LETTRE FILMÉE

Cher-es étudiant-es

Je suis très heureuse à l’idée de vous rencontrer prochainement pour un atelier de réalisation au sein du CRÉADOC. J’ai choisi de vous proposer de travailler sur le thème de la correspondance et de la lettre filmée. Je vous fait part de ce thème aujourd’hui, afin que vous puissiez y réfléchir et vous l’approprier durant les trois semaines qui nous séparent de notre rencontre. Et que vous puissiez, selon vos idées, réunir les matériaux et/ou les personnes nécessaires à cette réalisation.

Pour introduire ce thème, je partage avec vous ce petit texte de Robin Dereux :

« De Godard à van der Keuken, de Kramer à Dwoskin, de Cavalier à Akerman, de Brissaud à Rozier, nombreux sont les cinéastes qui ont réalisé des lettres filmées, des films-lettres, des lettres de cinéastes. Différentes du journal filmé et de la lettre écrite, ces catégories de films constituent des formes hybrides, hétérogènes, « impures » du cinématographe. Sous forme de lettre de cinéaste, réelle ou imaginaire, de fausse lettre, de lettre issue de proches et que le cinéaste finalement se réapproprie, ou bien plus simplement d’échange filmique épistolaire, parfois même avec des personnes emprisonnées, un ensemble se constitue. Il remet en jeu les notions d’écriture et d’improvisation, la forme parlée ou scripturale, la voix et le silence, le conflit entre l’image et le son, la notion de partage entre cinéaste et spectateur. C’est une catégorie de films personnels, souvent autobiographiques, souvent écrits à la première personne et qui ne peut pas être appréhendée par les seules notions de fiction, de documentaire ou d’expérimental. Elle pose les questions de l’adresse du film : qui est le spectateur concerné ou imaginé pour ces lettres filmées ? »

Je vous fait part ici de deux films que j’aimerai que vous regardiez, avant ma venue. Il s’agit de : « News From Home » de Chantal Akerman (1977, 95 minutes) et de « Lettre d’un cinéaste » d’Alain Cavalier (1982, 13 minutes). Ces films sont sur le serveur de la vidéothèque du CRÉADOC. N’hésitez pas à organiser un visionnage en commun dans la salle de projection. C’est toujours mieux de regarder les films en grand, et à plusieurs. 

Le temps de cet atelier sera très serré, quelques jours tout au plus pour réaliser une forme filmique libre et courte (qui pourra faire entre 3 et 6 minutes). Le temps de montage sera très court également, étant donné qu’il vous faudra partager les bancs de montage. Ces contraintes vous aideront à trouver le dispositif filmique qui rendra possible cette réalisation. Les contraintes bien qu’intimidantes, sont au fond les alliées des cinéastes. 
Vous pourrez travailler en binôme si vous le souhaitez. Je serai là pour vous accompagner.

Je me réjouis de vous rencontrer bientôt et de découvrir vos travaux. 
À bientôt,
Stéphanie Régnier